Aller au contenu

Sources

Chaque montant affiché sur ce site provient d’un fichier publié par une administration française, téléchargé tel quel et jamais saisi à la main. Voici les 29 jeux de données utilisés pour construire la version 2024.1, préparée le 29 septembre 2026.

Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques

Direction du budget, ministère de l'Économie et des Finances

Direction générale des finances publiques

Institut national de la statistique et des études économiques

Observatoire des finances et de la gestion publique locales

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les données publiques ont des trous et des conventions qu’il vaut mieux connaître avant de lire un graphique. Voici les points sur lesquels un lecteur se trompe le plus souvent.

Pourquoi le détail fin porte sur 2023

Nous montrons le détail du budget jusqu’au niveau le plus fin — mission, programme, action, sous-action — pour l’année 2023, et pas pour une année plus récente. C’est un choix délibéré.

Chaque automne, le Gouvernement dépose un projet de budget. Le Parlement en débat, l’amende, puis le vote. Le texte voté est la loi de finances initiale : c’est lui, et lui seul, qui autorise l’État à dépenser.

L’administration publie en données ouvertes le projet de chaque année, mais elle n’a publié le texte voté au niveau détaillé que pour un petit nombre d’années, dont la plus récente est 2023. Nous aurions pu afficher le projet 2025, plus récent — mais nous aurions alors présenté comme « le budget de la France » un document qui n’a jamais été adopté tel quel.

L’écart n’est pas anecdotique. En 2023, le Parlement a ajouté 16,9 milliards d’euros au projet du Gouvernement, dont 10,1 milliards pour la seule mission Écologie — environ un tiers de plus que ce qui était demandé. Afficher le projet aurait donné un chiffre faux sur la politique publique la plus discutée de l’année.

Nous avons préféré une année un peu plus ancienne mais juridiquement exacte. Les vues d’ensemble du site, elles, vont jusqu’aux données les plus récentes disponibles.

Pourquoi les dépenses réellement effectuées ne descendent pas sous le programme

Il faut distinguer deux choses :

  • le budget voté : ce que le Parlement autorise à dépenser, en début d’année ;
  • le budget exécuté : ce qui a effectivement été dépensé, constaté après coup.

Le budget voté est publié jusqu’au niveau le plus fin. Les dépenses réellement effectuées, elles, ne sont publiées que jusqu’au niveau du programme — soit environ 130 lignes, contre 700 pour le niveau action.

Ce n’est pas un choix de notre part : cette donnée n’existe pas en accès public à un niveau plus détaillé. Concrètement, vous pouvez savoir combien a été réellement dépensé pour le programme « Justice judiciaire », mais pas pour chacune de ses actions.

Sur notre site, la comparaison « prévu / réalisé » s’arrête donc au programme. Les dernières dépenses définitives disponibles portent sur l’année 2025 : 578,0 milliards d’euros sur le budget général, pour 582,4 milliards autorisés — soit 99,3 % de l’autorisation utilisée.

Pourquoi la Sécurité sociale n’est pas décrite ici par la LFSS ni par l’ONDAM

Les chiffres de la Sécurité sociale présentés ici viennent des comptes nationaux de l’INSEE et des comptes de la protection sociale de la DREES. Nous n’utilisons ni la loi de financement de la Sécurité sociale, ni l’ONDAM : ce sont des objectifs votés à l’avance, pas des dépenses constatées, et ils ne sont publiés que dans des rapports au format PDF, impossibles à réutiliser de façon fiable. Les montants affichés ici ne sont donc pas comparables à ceux que l’on cite habituellement dans le débat sur le budget de la Sécu.

Pourquoi les collectivités locales ne se lisent pas par fonction

Pour les communes, intercommunalités, départements et régions, on peut voir précisément à quoi sert l’argent en termes de nature de dépense — salaires, achats, investissements, aides versées — mais pas toujours par domaine d’action. La répartition par domaine (éducation, culture, transports…) n’est pas publiée en données ouvertes à ce niveau de détail. Pour comparer les collectivités avec l’État et la Sécurité sociale par domaine, nous utilisons donc la vue d’ensemble de l’INSEE, en haut de ce tableau de bord.

Pourquoi certains montants de recettes sont dits « bruts »

Quand vous payez un impôt, l’administration encaisse une somme. Elle en restitue ensuite une partie : trop-perçus, dégrèvements, remboursements de taxe sur la valeur ajoutée aux entreprises. Ce qui reste à l’État est le montant net ; ce qui a été encaissé avant restitution est le montant brut.

L’écart n’est pas un détail. Sur la taxe sur la valeur ajoutée, il change presque tout : l’État en encaisse près du double de ce qu’il en conserve. Ce site affiche donc le montant net partout où l’administration le publie.

Elle ne le publie qu’à un niveau agrégé : cinq grands impôts. En dessous — section budgétaire, ligne de recette — seul le brut existe, parce que les remboursements ne sont rattachés à aucune ligne en particulier. Nous aurions pu répartir ces remboursements nous-mêmes, au prorata : le résultat aurait eu l’air d’un chiffre officiel sans en être un.

Nous affichons donc le brut sur ces écrans, et nous l’écrivons à côté du montant. Chaque montant de recette de ce site porte cette étiquette, y compris lorsque la distinction ne s’applique pas.

Pourquoi la courbe d’un impôt n’est pas ce que cet impôt rapporte

Sur les écrans de recettes, une ligne comme « taxe sur la valeur ajoutée » ne mesure pas ce que la taxe rapporte. Elle mesure ce qu’il en reste au budget de l’État une fois les parts versées à d’autres administrations.

La différence est spectaculaire. Entre 2018 et 2021, la taxe sur la valeur ajoutée revenant à l’État a reculé de près de quatre dixièmes. Aucun consommateur n’a payé moins : une fraction croissante a simplement été versée directement à la Sécurité sociale, sans passer par le budget de l’État.

Lue naïvement, cette courbe raconte donc un effondrement qui n’a pas eu lieu. C’est pourquoi les années où l’affectation a changé portent un marqueur et une explication, et pourquoi ce site ne génère jamais automatiquement de commentaire d’évolution — une phrase du type « cet impôt a reculé de tant » serait fausse, et une machine la répéterait partout.

Pourquoi aucun impôt n’est relié à une dépense

Ce site montre d’où vient l’argent et où il va, mais ne trace jamais de trait entre les deux. Ce n’est pas une limite de nos données : c’est le droit.

La loi organique qui régit le budget de l’État organise un compte unique où toutes les recettes financent toutes les dépenses. Aucun euro d’impôt sur le revenu n’a payé telle action de tel programme, parce que ce rattachement n’existe nulle part.

S’ajoute une raison technique : la grille par fonction — santé, éducation, défense — classe des dépenses selon leur finalité. Une recette n’a pas de finalité, et aucune source ne la classe ainsi. Les deux nomenclatures n’ont aucune intersection.

Une exception existe et nous la montrons : les comptes spéciaux, où la loi autorise l’affectation parce que la recette est en relation directe avec la dépense. C’est le seul écran du site où une recette et une dépense figurent en vis-à-vis.

Pourquoi les quatre types de recettes de l’État ne s’additionnent pas

Le rapport annuel de gestion présente les recettes de l’État en quatre ensembles. Additionner les quatre donnerait un nombre qui ne figure dans aucun document officiel et ne mesure rien.

  • les recettes fiscales et les recettes non fiscales forment ensemble les recettes du budget général ;
  • les prélèvements sur recettes sont des sommes reversées aux collectivités et à l’Union européenne : les documents budgétaires les comptent en dépenses ;
  • les fonds de concours suivent un régime propre et n’entrent pas dans l’agrégat du budget général.

L’écran de détail affiche donc les quatre côte à côte, sans total, et dit pourquoi. Le total n’est pas une donnée manquante : il n’existe pas.

Pourquoi les recettes et les dépenses ne portent pas sur la même année

Le détail des recettes porte sur les montants encaissés en 2025, le détail des dépenses sur le budget voté pour 2023, et la vue d’ensemble des deux sur 2024. Ces écarts viennent des producteurs de données, pas d’un choix de présentation : chaque document paraît à son rythme.

Conséquence directe : ne soustrayez pas un total de recettes d’un total de dépenses lues sur ce site. La différence ne serait ni le déficit, ni le solde du budget de l’État — seulement l’écart entre deux photographies prises à des dates différentes.

Le détail des recettes remonte à 2023, la vue d’ensemble à 2013. Cette différence n’est pas un choix non plus : l’administration ne publie le détail ligne par ligne des recettes encaissées que depuis les rapports de gestion de 2023.

Pourquoi le total ne fait pas la somme des trois blocs

Pourquoi 590,8 + 322,2 + 758,8 ne fait pas « trois budgets séparés » ?

Les administrations se financent en partie entre elles : l’État verse des dotations aux communes, il compense des exonérations à la Sécurité sociale. Si l’on additionnait le budget de chacune, on compterait ces sommes deux fois : une fois chez celle qui verse, une fois chez celle qui dépense. Les chiffres présentés ici sont « consolidés » : chaque euro n’est compté qu’une seule fois, au moment où il sort de la sphère publique. Sans cette précaution, la dépense publique 2024 apparaîtrait à 1 778 Md€ au lieu de 1 672 Md€.

Les conditions de réutilisation des contenus de ce site sont précisées dans les mentions légales.